Statement

Je travaille sur ce qui persiste lorsque les lieux se défont.

Mes peintures naissent d’espaces en tension :
architectures brisées, seuils instables, pièces où l’extérieur s’immisce comme une intrusion.
Je cherche des formes qui révèlent les fractures, les glissements, les zones où la mémoire s’accroche encore.

La peinture est pour moi une manière de reconfigurer ces espaces :
les plier, les renverser, les dépouiller de leurs certitudes.
Il ne s’agit pas de représenter un lieu, mais d’ouvrir un champ mental.

Ma technique s’inscrit dans une tradition lente héritée des Vénitiens :
construire, laisser sécher, revenir.
Chaque couche est une excavation.

Ce qui m’importe est l’impact mémoriel :
un espace qui reste, même quand l’image s’efface.

Biographie

Crédit photo : Philippe Aimar

Franck Saïssi (né en 1975, Grenoble) vit et travaille à Nice.
Son œuvre explore les architectures instables, les lieux abandonnés et les espaces de seuil.

Formé à l’École Émile Cohl (Lyon), aux Beaux-Arts de Carrare (Italie) puis aux Ateliers de la DAC à Paris, il poursuit une recherche picturale rigoureuse axée sur la profondeur du noir et la superposition de strates.

Une expérience déterminante vécue durant sa formation oriente son regard vers les espaces de fracture, les intérieurs refermés et les zones où intérieur et extérieur se contaminent.
Cette tension n’est jamais littérale : elle constitue un socle à partir duquel il construit une peinture mentale, mémorielle, presque architectonique.

Installé à Nice depuis la fin des années 1990, il développe une pratique exigeante, qui se déploie également à travers des dessins sur livres anciens et cartes marines, jouant du palimpseste et de la superposition de récits.

Sélection d’expositions


Lost, Maison Abandonnée [Villa Cameline], Nice (2021)
Perfect Day : Drug and Art, WhiteBox, New York (2021–2022)
La Vie est un Film, Le 109, Nice (2019)
Le Palais Idéal du Facteur Cheval, Musée du Facteur Cheval, Hauterives (2016)
• ST-ART Strasbourg (2023)
• Paréidolie, Marseille (2025)

Depuis plusieurs années, il entretient un lien fort avec la Maison Abandonnée [Villa Cameline]. Le regard engagé et le soutien d’Hélène Fincker ont été déterminants dans la maturation et la visibilité de son œuvre.