Viens faire un tour

5 mai 2012

Bonjour,

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VIENS FAIRE UN TOUR

Ce soir je vais me lâcher,
c’est pas bien sorcier,
laisser couler le flot,
inutile de se relire,
pensée vidée,
visions d’un déraisonné mental,
ma spécialité.

Ciouloir maudit, pochade, Saïssi

VIENS FAIRE UN TOUR

je viendrai te chercher,
tu n’auras pas d’issue,
ou te cacher de moi,
cerbère, fou furieux,
pas sérieux pour un rond,
c’est curieux cette propension
a tirer le jus des fruits secs,
avec un alternateur de fixes,
poses toi la question
pourquoi tu perds des kilos,
tu te maintiens en vie,
et tu me demande quel est le problème?

VIENS FAIRE UN TOUR

tu vas te perdre,
regardes pour qui tu as voté,
regardes comment tu vis,
tu es déjà brisé,
ta vie ressemble a ces amarres qu’on largue,
par dessus la coca,
il ne te reste que le sang en couverture.

Tentative de suicide n°54, pochade, Saïssi

VIENS FAIRE UN TOUR

Convaincu d’être vide,
tu ne crois pas au destin,
tu as manqué le train,
reconnais que tu es fou,
de ces inepties amérindiennes,
dans ton bocal tu tournes,
ton mal d’estomac ne te lâchera plus,
fumes ton stress avec volupté,
tu finiras résigné,
en garniture sur ma pizza.

La maison dieu, pochade, Saïssi

VIENS FAIRE UN TOUR

Dans mon monde de blouses blanches,
viens faire tes courses a la pharmacie,
tu pourrais détruire cette vieille école,
l’argent entre tes doigts comme du sable,
le trou de ta conscience,
tu vas donner le change à qui?
Tu viendras faire un tour ici,
je ne bougerai pas d’un iota.

Accroché à sa perfusion, pochade, Saïssi

VIENS FAIRE UN TOUR

Avec le maniaco-dépressif,
le mal qui ne s’en va pas,
la petite lueur agressive,
tu la reconnais entre toutes,
éteins la lumière de ta chambre,
si tu as tenu jusqu’à 10 heures et demi,
tu es seul dans les couloirs,
veilles, transpires,
tes draps sont trop propres,
tu parles d’un parfum,
sur le lit matrimonial,
tu te crois normal,
avec tes femmes comme des trophées,
tu es marié, t’as un gamin?

VIENS FAIRE UN TOUR

Tu perds ton temps,
avec ta tête dévissée,
sur tes épaules bricolées,
alors me voilà,
tu perds ton temps sur la banquette,
a chercher ton trip perdu,
viens plutôt faire un tour,
là ou les routes se divisent.

Cours, petite, cours! Pochade, Saïssi

VIENS FAIRE UN TOUR

tu as perdu la tête trop souvent,
depuis l’enfance tu suis la mauvaise voie,
c’est peut être la bonne,
tu ne sais pas ou tu vas,
si tu as suivi mon raisonnement,
fais un dernier effort,
dans le vieil hosto,
il y a des zones branchées,
des barbelés juteux,
des murs penchés,
qui n’attendent que toi.

Détachez moi !!! Pochade, Saïssi

VIENS FAIRE UN TOUR

Devines qui est de retour,
suis les lumières,
ou ne les suis pas,
tu te demande si c’est toi,
ou tes ennemis qui pourrissent ton jeu,
tu fais de ton mieux,
c’est loin d’être assez,
cachets, pilules, seringues ineptes,
comme un art martial,
au secours de ton verbe paranormal.

Cachets, pilules et seringue, pochade, Saïssi

VIENS FAIRE UN TOUR

A celui sur la flamme,
oui je suis le pilote privé,
qui écrase façon sumo,
tes illusions perdues,
ajuste ton bonnet d’âne,
plié comme un origami,
il n’y a de la place nulle part pour toi,
ne triches pas, ne dors pas,
ça ressemble a un croisement singulier,
l’heure approche, disparais si tu peux,
on ne te loupera pas.

La tour carrée, pochade, Saïssi

VIENS FAIRE UN TOUR

Ne m’incites pas,
j’écris pas nécessité,
pour réguler mes désordres mentaux,
tires le feu de tes mains,
toi aussi tu es taré,
de ces lignes de fuites,
arrosées de sentiments.

VIENS FAIRE UN TOUR

Si tu l’oses,
mais surtout

VENEZ TOUS FAIRE UN TOUR

A l’usine des Lilas,
voir des pochades et des assemblages,
c’est du 11 au 24 mai,
au QG du Front de Gauche,
8, rue Chassagnolle,
métro Mairie des Lilas ou Porte des Lilas.

Expo Saïssi à l'Usine des Lilas, Front de gauche, mai 2012

A bientôt,

Franck

www.francksaissi.com

Le fou et la veine blanche

4 août 2010

Bonjour,

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C’est l’été, il fait chaud, je suis allé pêcher et a force de tenir la canne avec une main dans le dos, j’ai gardé l’empreinte…

Franck Lepage

Incultures 2, un spectacle a voir absolument:

Lire un article de Lepage pour le diplo, « De l’éducation populaire à la domestication par la culture »:

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/LEPAGE/17113

Je termine un autre dessin au fusain en ce moment et j’enquille avec des pastels secs, il va me falloir un nouveau carton a dessin format impérial,

J’essaye d’écrire une conférence contre la psychiatrie et l’AC mais je dévie tout le temps et ça devient une biographie auto-censurée ou bien des nouvelles.

Domé el shemo

Domé c’était « l’idiot du village ».
Je l’ai rencontré à Carrare en 95.
Ancien Carrier, il aurait perdu des facultés mentales suite à un accident dans les carrières de marbre.
Un éclat de marbre à percuté sa tête,
il a séjourné à l’hopital psy du coin,
mais en garde de très mauvais souvenirs.

Ses yeux s’illuminaient lorsqu’il évoquait la fermeture de l’Hopital,
suite à l’abolition décidée par tous les Italiens.
A partir de là sa vie à changée,
il a reçu une allocation qu’il a employé pour visiter l’Europe en Bus.
Au bar il évoquait ses voyages avec les autres Carriers,
ses anciens collègues de travail.

On l’invitait toujours à boire,
et même si on lui avait donné le sobriquet de Shémo,
il était accepté et protégé,
il racontait les voyages que les autres ne pouvaient faire.

Le fou et la veine blanche

Les ouvriers au bar de Torano aimaient écouter
Les histoires d’El Shemo,
Ils riaient grassement à ses tentatives de descriptions
des villes qu’il avait parcouru
On lui posait toujours des questions.

Les carriers collectionnaient les cristaux
Présents dans les veines blanches
Celles qu’il faut détecter et éliminer des blocs
Pour ne pas altérer leur pureté
L’un d’entre eux me racontait:

« On se lève tôt avant le début de la journée de boulot,
On monte au carrières ou la veine blanche a été mise à jour la veille
On emmène avec nous des disqueuses
Et on débite de petits blocs tout le long de la veine blanche
Des blancs, des jaunes des rouges, des cristaux de toutes les formes et de toutes les couleurs »

C’était pour eux les ouvriers de Carrare,
leurs cristaux
ils étaient les seuls autorisés a les prélever,
Et si El Shemo n’apportait plus rien à l’entreprise depuis son accident,
comme les cristaux n’apportent rien au commerce du Marbre,
il apportait quelquechose d’autre de sans doute bien plus précieux:
du lien social, ses histoires nourrissaient l’imaginaire des ouvriers

Comme des cristaux de toutes les couleurs.

Bien à vous et bon été!

Franck

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