11 décembre 2013

Bonjour,

beaucoup de retard dans mes newsletters,
va falloir vérifier la pression,
contrôler les niveaux,
décrasser le moteur,
par quel bout commencer ?

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balance, encre, Saïssi

PONDICHERIE

Assis en tailleur,
dans un coin de la salle,
j’observe en silence
le cours
de danse Odissi
sous les ventilos.

Les pieds claquent le sol
en rythme,
les robes colorées
éblouissantes
volent et suivent
les corps qui répètent
inlassablement
des positions harmonieuses
toujours en tension
flexion,
souplesse, rigueur,
sueur, couleurs
je n’ai pas souvenir
d’une danse
aussi sensuelle,
viscérale,
spirituelle.

DELHI

Main Bazaar
ruelles étroites
grappes de fils électriques
qui pendent lamentablement
de tous les poteaux,
vaches, buffles de trait
livreurs à vélo
Sadhus bariolés,
rickshaws pressés.

Ca klaxonne de longue,
des magasins partout,
des trucs insensés
à chaque coin de rue,
une énergie incroyable
émane de ce quartier vertigineux,
pas loin de la Mosquée
de Jama Masjid.
Tout est mélangé,
odeurs insoutenables,
vélos, caisses,
rickshaws, attelages,
rues défoncées.
Très bon resto musulman Kareem.
Arrivé à Delhi à Main Bazaar,
tu prends une claque d’entrée de jeu.

Quelques photos de Delhi

dispersion, encre, Saïssi

DELHI

Les souvenirs se mêlent:
les contrôles à l’entrée du métro,
les wagons réservés aux femmes,
des saveurs et des textures
qui craquent sous la dent,
des buffets sans fin,
le marché tibétain,
le soir à Dilli Hat,
les aigles
au dessus du rickshaw,
avec elle à mes côtés.

Les tableaux
d’Amrita Sher Gil
au modern art museum,
lemon soda, tchaï et masala,
des tissus à consulter,
comme des pages
de livres géants
au Kraft-museum,
Sarojni Market, Redfort,
les galeries d’Hauz Khas,
coucher de soleil
sur Humayun thumbs,
bons restos à Khan Market,
les yeux rieurs
de la rue,
visages souriants
aux heures de pointe
dans le métro.

OCRES JAUNES

J’ai longtemps rêvé à Delhi
sans trop savoir pourquoi,
y passer 10 jours
c’est bien trop court,
mais largement assez
pour comprendre pourquoi.

odissi2, encre, Saïssi

TAMIL NADU

Terre battue,
plat pays,
rizières,
baraques bariolés
de slogans tamouls,
vaches de partout
sur les routes
villages en palme
tout semble en vrac,
le passage du dernier cyclone
est visible partout,
arbres torturés,
baraques de fortune,
murs en tôle ondulée,
restos de rue crades,
toute la famille
se trace un chemin
sur une vieille moto,
parmi camions et bus pressés,
qui klaxonnent toute la journée.
Je reste intrigué
devant le temple tamoul
de mission street à Pondicherie,
il me touche plus
que le matrimandir
d’ Auroville.

COCHIN

Je prends un ATR
on est 10 a tout casser dedans
je le trouve trop petit
j’aime pas ses hélices,
en fait le vol est agréable
je vois par la fenêtre
le paysage changer,
du vert partout, des palmiers,
foret d’hévéas,
plantations de thé
cultures de poivre,
la route des épices.
“God’s own country”:
le Kerala.

odissi, encre, Saïssi

KERALA

Road trip infernal
avec un pote photographe
ancien reporter de guerre,
drôle, lourd parfois,
mais organisé, acharné,
2500 photos par jour…
Quelques mois plus tôt,
je lui ai acheté un Canon G12 neuf
et on parlait carnet de voyage,
nous voilà en train de déconner
avec le chauffeur malayalam
sur une pirogue dans les back waters
a Cherthala
au milieu des filets chinois,
a Guruvayuur,
dans un grand parc d’éléphants,
où sur une plage pendant la vente
aux enchères des poissons,
fraichement débarqués des bateaux
de pèche en bois
qui accostent…
ça valait le coup
de chercher un G12
sur le bon coin.

PERIYAR

Une bambouseraie
à faire pâlir
celle d’Anduze,
épaisse et primaire,
des singes partout,
des chauves souris
frugivores
d’un mètre d’envergure
au dessus de nos têtes.
Dans une salle de sport,
genre fosse aux ours,
spectacle de Kalaripaya
plus vieil
art martial du monde
parait il,
un moine indien
aurait même fondé
le temple shaolin.
Etincelles, flammes,
exercices de souplesse,
digne de couleuvres contorsionnistes:
un type debout vient attraper
une fleur
posée derrière lui
avec les dents
en se penchant juste en arrière…
Une colonne vertébrale
en caoutchouc sans doute…
j’ai adoré la façon
dont les lutteurs
faisaient tournoyer
leurs sabres
pour impressionner
l’adversaire.

L'artefact, encre, Saïssi
L’artefact

CARDAMONE

Départ en Jeep,
Yunis le guide
nous parle de cobras,
de tigres et d’éléphants
qui vivent libres dans la région,
le propriétaire
d’une plantation nous reçoit chez lui
et nous invite à voir
la récolte en cours.
Sous un toit vert,
les femmes récoltent les fruits
au pied de chaque plant,
sur des sortes de racines aériennes,
elles seules savent
si le fruit est mur ou pas.
Elles étendent leurs fruits
sur de grands sacs,
les feuilles bruissent de leurs rires
quand elles nous voient,
curieux, attentifs,
observant leurs gestes.

PUTTADI

Après la plantation,
la jeep nous conduit
aux enchères
de Puttadi,
ou ce jour là justement,
avait lieu une vente
de cardamone.
A l’entrée de l’auction house,
les clients qui arrivent
étudient la marchandise,
des échantillons numérotés,
rassemblés contre un mur.
Un Népalais sympa
nous offre un tchaï
dans une salle qui donne
sur les vallées environnantes.
Dans la grande salle des enchères,
quatres rangées d’ordinateurs,
deux panneaux lumineux
affichant le prix et le cours de l’épice.
Les acheteurs,
venus de toute l’Inde
dans de grosses berlines,
soupèsent les fruits
vérifient la couleur.
Juste quelques secondes,
avant qu’une nouvelle
enchère ne démarre.
C’est un étrange rituel,
tout le monde est concentré,
des tonnes de cardamone
s’écoulent en quelques minutes.

cauchemard, encre, Saïssi

DIWALI

Madurai la nuit
pendant Diwali
c’est comme une ville en guerre
un peu moins fort tout juste
question bruit,
des millions de pétards,
de feux d’artifice
font rougeoyer
les temples monumentaux tamouls
encore plus majestueux la nuit,
sentinelles monochromes,
inquiétantes et massives.

CHETTINAD

Un singe traverse la route sur un fil de téléphone,
des buffles passent dans les rues fantômes
on dirait le village en ruine
du roi des singes
dans le livre de la jungle,
des maisons coloniales en décrépitude,
abritant des tonnes de tek, de marbre,
plus personne ne les habite,
seuls quelques servants gardent les lieux
comme en souvenir de l’époque faste
ou on construisait des palais en Inde.

reves, encre, Saïssi

GROUP SHOW

De retour à Nice,
je participe à l’expo
“Drawing by Numbers”
à l’Espace à Vendre,
10 rue Assalit,
jusqu’au 25 janvier.

RÉSEAU ASOCIAL

J’ai depuis peu
une page sur Facebook:
https://www.facebook.com/franksaissi

A bientôt !

Franck