4 août 2010

Bonjour,

Voilà c’est la newsletter de Saïssi, si vous ne voulez pas la recevoir, vous pouvez vous désinscrire en suivant le lien en bas de page.

C’est l’été, il fait chaud, je suis allé pêcher et a force de tenir la canne avec une main dans le dos, j’ai gardé l’empreinte…

Je termine un autre dessin au fusain en ce moment et j’enquille avec des pastels secs, il va me falloir un nouveau carton à dessin format impérial,

J’essaye d’écrire une conférence contre la psychiatrie et l’AC mais je dévie tout le temps et ça devient une biographie auto-censurée ou bien des nouvelles.

Domé el shemo

Domé c’était “l’idiot du village”.
Je l’ai rencontré à Carrare en 95.
Ancien Carrier, il aurait perdu des facultés mentales suite à un accident dans les carrières de marbre.
Un éclat de marbre à percuté sa tête,
il a séjourné à l’hopital psy du coin,
mais en garde de très mauvais souvenirs.

Ses yeux s’illuminaient lorsqu’il évoquait la fermeture de l’Hôpital,
suite à l’abolition décidée par tous les Italiens.
A partir de là sa vie à changée,
il a reçu une allocation qu’il a employé pour visiter l’Europe en Bus.
Au bar il évoquait ses voyages avec les autres Carriers,
ses anciens collègues de travail.

On l’invitait toujours à boire,
et même si on lui avait donné le sobriquet de Shémo,
il était accepté et protégé,
il racontait les voyages que les autres ne pouvaient faire.

Le fou et la veine blanche

Les ouvriers au bar de Torano aimaient écouter
Les histoires d’El Shemo,
Ils riaient grassement à ses tentatives de descriptions
des villes qu’il avait parcouru
On lui posait toujours des questions.

Les carriers collectionnaient les cristaux
Présents dans les veines blanches
Celles qu’il faut détecter et éliminer des blocs
Pour ne pas altérer leur pureté
L’un d’entre eux me racontait:

“On se lève tôt avant le début de la journée de boulot,
On monte au carrières ou la veine blanche a été mise à jour la veille
On emmène avec nous des disqueuses
Et on débite de petits blocs tout le long de la veine blanche
Des blancs, des jaunes des rouges, des cristaux de toutes les formes et de toutes les couleurs”

C’était pour eux les ouvriers de Carrare,
leurs cristaux
ils étaient les seuls autorisés à les prélever,
Et si El Shemo n’apportait plus rien à l’entreprise depuis son accident,
comme les cristaux n’apportent rien au commerce du Marbre,
il apportait quelquechose d’autre de sans doute bien plus précieux:
du lien social, ses histoires nourrissaient l’imaginaire des ouvriers

Comme des cristaux de toutes les couleurs.

Bien à vous et bon été!

Franck