L'asile

“La vie est un long couloir tranquille traversé par des rivières aux flux modérés à exaspérés. Les gués sont les bienvenus. Un gué est une espèce d’espace dans lequel peut s’exprimer avec un peu de calme et le recul nécessaire la transcription des tumultes passés ou à venir.
Franck Saïssi se jette à corps perdu mais en conscience dans cette transcription narrative, «L’asile», avec l’opiniâtreté nécessaire pour ne pas trébucher et glisser dans un interstice dangereux dans lequel le courant règne en maître. C’est un peu le problème avec les gués, il faut continuer de se méfier, il faut persister à maintenir un lien visuel avec la rive, maintenir son image comme dans un rêve, transgresser les flots avec espoir d’échapper au grain où l’eau et l’eau se rejoignent pour faire
basculer le rôdeur de la nuit dans l’écume qui masque le «trop évident» et le «trop digressif».
L’asile est-il un gué? Peut-être un chemin de traverse, lecteur empêtré. Le doute subsiste, même après lecture. Peut-être faut-il s’appliquer à lire entre les lignes et à reconstituer les images sous-jacentes à cet ouvrage afin de se l’approprier comme on s’approprie la route sur laquelle on glisse, comme on s’approprie un savoir qui auparavant n’appartenait qu’à l’air du temps.
Les crises du monde jaillissent dans nos propos et s’immiscent dans nos expressions jusqu’à prendre possession de nos corps et nos esprits.
Il ne suffira pas de faire tourner les guéridons pour trouver la juste voie éclairante, il faudra besogner pour apprivoiser sa place. Comme l’écrit fort justement Franck Saïssi, C’est fou, non?”
Professeur Georges Fawcett, pour les Editions Lad’AM, janvier 2017

Lire “L’asile”, par Franck Saïssi : http://www.ladam.eu/l_asile_760.htm