10 février 2015

Bonjour,

J’attrape mon stylo bille
“La Maïoun del jardinié”
pour écrire
une petite newsletter,
difficile de dire
où les mots vont mener,
je m’en fous
c’est bon de raturer.

Vous pouvez vous désinscrire
en bas de page,
en m’envoyant un mail
ou relire mes anciennes litanies
sur mon site:
www.francksaissi.com

WHAT IS THIS?

I’m an artist based in Nice (south of France)
who writes newsletters.
Like bottles in the sea – electronic Molotov cocktails –
I draw my thoughts.
Most of my texts are in French of course,
but you can still have a look at my drawings –
mute and expressive witnesses.
Although it’s not my mother tongue,
I plan to write more in english in the future.
Feel free to unsubscribe
at the bottom of the page,
or send me a mail
all reactions are welcome,
enjoy!

Tête de poulet, encre, Saïssi

LA CRISE VEILLE
Tapie dans l’ombre
de synapses comateuses,
elle attend le bon moment
pour se libérer
avec pertes et fracas,
frapper comme Al-Qaïda,
faire disjoncter
mon système nerveux,
la crise taularde
prisonnière neurologique
embastillée
dans mon cerveau.

LA CRISE VEILLE
Les images et les mots
tournent en boucle
kaléidoscope infernal
impossible d’arrêter
ces angoisses cristallisées
en idées fixes mutantes,
décharges de haine
caractérisée.

LA CRISE VEILLE
m’empêche de dormir,
je reste hypnotisé,
tétanisé par un
vortex infernal,
tourbillon auto-alimenté,
la fabrique mentale
de pensées psychotiques
tourne à plein régime.

LA CRISE VEILLE
me fait sortir du lit
abasourdi, hors de moi,
besoin de dégueuler
ce maléfice coincé
dans l’antre de mon esprit

LA CRISE VEILLE
empile des mots
comme des molécules
construction biochimique
ADN démoniaque
mise en forme à toute vitesse
par un salaud notoire
blesser et faire mal
devient question de survie.

LA CRISE VEILLE
me rends parano,
injustement procédurier
et moi je m’en veux…

Crise#1, encre, Saïssi

CHARLIE

Devant une telle barbarie,
les mots semblent
forcément faibles
et pourtant,
il ne faut pas céder
à l’apathie.
Je suis triste,
j’admirais Cabu, Wolinsky,
Charb et les autres,
pour leur courage,
leur impertinence
salutaire.
Je suis triste
parce que Charlie Hebdo
a payé le prix fort
d’une radicalisation
dont ils n’étaient
pas responsables.
Bravo aux archivistes
de la mairie de Rennes
qui ont collecté
les témoignages
laissés place de la mairie
pour des initiatives citoyennes,
pour ne pas oublier.

POURRITIQUES

Je suis triste et en colère
Cabu et les autres
n’étaient pas responsables
du chaos organisé en Libye,
pour des intérêts personnels,
sous couvert d’humanisme,
de d’humiliation des harkis
au sortir de la guerre,
de l’arrogance de l’état Français
vis à vis de l’Algérie.
Ils n’étaient pas responsables
des 150 mairies qui refusent
de construire des hlm,
avec 3,5 millions
de mal logés en France,
du conflit actuel en Syrie,
soutenu par nos politiques,
marionnettes aux mains
des marchands de canons,
ce sont eux les fous dangereux,
eux qui passent leur vie
devant les tribunaux
pour des affaires de mœurs
et d’escroqueries,
qui feraient bien
d’aller faire un tour
à Sainte-Anne,
avant de provoquer
de nouveaux conflits
en Ukraine ou ailleurs
pour soi-disant
faire avancer
la démocratie.

Combinaisons partielles, encre, Saïssi

NEWSLETTER

Écrire à 13000 abonnés
des lignes griffonnées,
tabassées sur un clavier,
c’est comme collectionner
des signatures d’inconnus,
abordés dans la rue
quand j’avais 10 ans,
c’est faire irruption,
réduire la distance,
provoquer des réactions,
un prétexte à l’expression,
poésie de l’intrusion.
Beaucoup se désinscrivent,
la plupart doivent
balancer mes mails
dans leur corbeille,
ça fait partie du jeu.

CUL IN AIR

Sous les toits dégivrés
par le soleil de février
j’effleure du bout des doigts
son QI en forme de poire
j’oublie ma claustrophobie
en mode spéléologie
soif d’exploration
moment d’hésitation
cidre ou poiré?
Cancale ou Belon?
Manque un zeste
de citron.

A bientôt,

Franck