Thème:
Blanc
Thème:
Classique
L'atelier d'un peintre offre au pèlerin de l'art la possibilité du choc, de la découverte, de l'insolite brusquement présenté, contradictoirement à ce que précisément on attendait.
Chez Franck Saïssi, sous le déchaînement des lignes et des couleurs que l'on pouvait imaginer, on capte dès l'abord l'attitude picturale, celle qui équilibre les formes, assied les proportions, stabilise les fulgurances, affine les exagérations voulues...
Une sagesse s'impose, elle organise la pièce peinte ou dessinée et, loin de limiter la frénésie apparente, la renforce en lui accordant sa présence. Ainsi évoluent sous le contrôle de l'artiste la sensibilité de son envolée et le respect de l'art de peindre.
Saïssi appartient à l'expression figurative. Des nus, des portraits, des paysages sont visibles et se prétendent tels. La modernité efface bien entendu le détail inutile, la soumission au vérisme ou l'éclat factice. Le clin d'oeil complice au contemplateur est banni comme l'agrément de la facilité.
Il faut au contraire, pour pénétrer cet univers, admettre sa violence volontaire, les grandes lignes de ses lancées schématiques, ses contrastes, voire ses déchirures.
Alors interviendront les données poétiques, la finesse de certaines graphies, le charme que propose la peinture quand elle se pare de sincérité, de l'humilité de son émotion.
Ces oeuvres sont vastes, non par les dimensions favorables au gestuel, elle acquièrent leur vastitude de la largesse de leur conception car le sujet n'est ici que prétexte. En fait la voltige et l'adresse de l'acte de peindre s'accomplissent ici pleinement dans l'éthique de la vocation.
Désir de créer, de connaître et de dominer la difficulté jusqu'à l'élégance personnelle de l'autocritique et du doute. Persévérer malgré l'incompréhension et la critique, n'est-ce pas ainsi que l'on peut prétendre être peintre?

Nice , février 2007

Michel Gaudet

Membre de l'AICA, peintre, journaliste

Chevalier de l'ordre des Arts et des lettres

De cet atelier qui virevolte et qui valse le chéquable, qui s'anonyme dans la fréquence des dêchets., reste la finalité., le creuset, l'irradiation immédiate. La chorégraphie des pinceaux, de la texture et du mouvement me fait oublier la distance, le vide et l'abandon. Juste avec ces toiles, j'entends l'éphémère s'éblouire sur un mur. Et d'un seul coup c'est un reveil foudroyant pour mes paupières soudées, la transgression du réel pour une autre vision, la mire réalignée sur l'enchantement, l'adsurde et le réel. C'est illusoire et sans issue? NON, c'est le minimum pour nos esprits chagrins mondialoformatés, cyanurés par des mégahertz chroniques et séquentielles. Alors, OUI, je plonge, je me laisse aller dans ce bref instant de volupté, dans ce bluster velvet, cette émotion anonyme et personnelle. Faites en autant, je vous assure ça fait du bien.

Samy.G




Drôles d’oiseaux !
 
 
Drôles d’oiseaux que ceux de Franck Saïssi ! Entre les portraits humains et ceux des oiseaux, difficile de ne pas établir une similarité. Comme si les oiseaux, avec leurs traces de pinceaux abruptes, géométriques, singeaient les modèles. A moins que ce soit l’inverse, une forme d’humanité mise en relief par la figure obsessionnelle des oiseaux.
Pourquoi les oiseaux ?
Les oiseaux, c’est un prétexte qui lui a permis d’affiner, de schématiser la forme, de flirter avec l’abstraction, de s’essayer au noir et blanc.
Ce sont eux qui ont révélé dans toute sa splendeur l’univers de désolation qui hante sa peinture. Et le noir et blanc, c’est bien plus qu’une simplification technique. C’est l’expression aigüe d’un champ dévasté dans lequel évoluent ses figures animales et humaines. Une sorte de filtre salissant qui recouvre ses toiles au gris omniprésent, dans toutes ses teintes, semblable à de la cendre. Cendre post-apocalyptique… ou vision nocturne pendant un mauvais trip ou un cauchemar dont, hélas, on ne se réveille jamais ?
C’est à cette catégorie onirique qu’appartiennent incontestablement ses dernières vanités, qui, si elles rappellent les classiques de la composition picturale, détonnent néanmoins par l’étrangeté, l’absurdité des combinaisons d’objets.
Les être, eux, semblent voués à une implacable solitude, comme empêtrés dans un écran épais qui les empêche de communiquer. D’ailleurs, aucune convivialité n’est possible dans cet univers : les êtres sont toujours représentés seuls, le regard aussi triste que celui des oiseaux.
Ces peintures forment un ensemble clos : elles renferment simultanément leur point de départ et d’arrivée ; entre les deux, aucune échappatoire. On est prisonnier de cette oppression qui tournoie en boucle comme les oiseaux charognards sur leur proie.
Approche intéressante, Franck Saïssi considère sa peinture comme abstraite. L’abstraction correspond à la conception mentale initiale ( un grand l’avait dit avant lui : l’art est une chose mentale). Si le résultat est figuratif, c’est, en quelque sorte, un détail de facture sans importance.
Le noir et blanc/ la couleur ; la figure/ l’abstraction : deux axes dans la peinture de Franck Saïssi qui génèrent une évolution esthétique non linéaire mais sérielle ; quatre pôles qui s’entremêlent, se complètent, dialoguent, se répondent avec intelligence et jamais ne s’excluent.  
 
Sophie Taam
Haut de page

Critique

Michel Gaudet
Samy.g
Sophie Taam